Littérature Chinoise, les 4 grands Classiques

Littérature Chinoise, les 4 grands Classiques

Quels sont les 4 grands classiques chinois ? Quelle est leur histoire ? Sont-ils toujours aussi populaires aujourd’hui ?

La richesse de la culture de mon pays natal me passionne profondément, et j’ai à cœur de vous apporter des réponses claires, chaleureuses et aussi précises que possible chez Culture Chinoise.

Pérégrination vers l’Ouest, Au bord de l’eau, Rêve dans le pavillon rouge et Les Trois Royaumes comptent parmi les œuvres les plus populaires de Chine. Ces livres ont marqué non seulement la littérature chinoise, mais aussi toute l’Asie grâce à leur influence culturelle et leur immense popularité.

Dans cet article, vous découvrirez :

  • Quelques bases sur la littérature chinoise
  • Les trois royaumes
  • Au bord de l’eau
  • Pérégrination vers l’ouest
  • Rêve dans le pavillon rouge

Après votre lecture, vous aurez certainement envie de découvrir au moins l’un de ces ouvrages emblématiques, tant ils sont fascinants et vivants encore aujourd’hui.

Sans plus tarder, découvrons ensemble, avec curiosité et passion, la littérature chinoise et ces quatre trésors littéraires qui continuent d’inspirer le monde.

Littérature chinoise à travers le temps

La littérature chinoise possède une histoire extrêmement ancienne et profondément fascinante. À l’origine, elle servait surtout à la divination, notamment grâce à des inscriptions gravées sur des os oraculaires ou sur des objets en bronze. Puis, au fil des siècles, elle a beaucoup évolué et s’est transformée avec les différentes dynasties chinoises.

Assez rapidement, un style d’écriture littéraire s’impose : le chinois classique, aussi appelé 文言 wényán. Pendant plusieurs dynasties, de nombreux auteurs et poètes utilisent ce langage littéraire très formel, élégant, précis et extrêmement travaillé. Malgré sa sophistication, il restait compréhensible pour une grande partie de la population lettrée, ce qui lui a permis de dominer la scène culturelle pendant très longtemps.

Il faut attendre la dynastie Qin (221 à 206 av. J.-C.) pour voir apparaître une véritable langue écrite commune dans tout l’empire. Avant cela, on trouvait une multitude de dialectes régionaux et donc plusieurs systèmes d’écriture qui pouvaient différer selon les zones du pays.

Pendant près de 2000 ans, ce style classique demeure la référence. Pourtant, les œuvres dont nous allons parler, les quatre grands classiques de la littérature chinoise, sont rédigées en langue vernaculaire, une forme simplifiée et plus proche de la langue parlée de l’époque. C’est justement cette accessibilité qui leur a permis de traverser les siècles et de devenir des chefs-d’œuvre incontournables de l’art littéraire chinois.

Les trois royaumes

Ce célèbre roman naît sous la dynastie Yuan (1279 à 1368), une période particulièrement riche en romans, drames et œuvres de fiction. La Romance des Trois Royaumes est attribuée à Luo Guanzhong, et son récit se déroule à la fin de la dynastie Han, puis durant la période des Trois Royaumes, entre 169 après J.-C. et la réunification du pays en 280.

On retrouve dans ce livre de très nombreux personnages historiques qui ont réellement existé, comme Cao Cao (曹操), Liu Bei () et Zhuge Liang (葛亮). Liu Bei et Cao Cao figurent parmi les protagonistes principaux. Le récit mélange le réel, la légende et le mythe, ce qui permet de dramatiser les événements tout en conservant une base historique solide. De nombreux épisodes sont volontairement romancés afin de rendre l’histoire encore plus captivante qu’un simple récit des faits.

Bien que le roman présente des centaines de personnages, il se concentre surtout sur les trois grands blocs de pouvoir qui émergent après l’effondrement de la dynastie Han et qui forment les États de Cao Wei, Shu Han et Wu oriental. On y suit leurs intrigues politiques, leurs batailles militaires, leurs alliances fragiles et leurs rivalités stratégiques pendant près d’un siècle de luttes pour la domination.

Considéré comme l’un des quatre grands romans classiques de la littérature chinoise, ce chef-d’œuvre monumental compte environ 800 000 mots, près de mille personnages (pour la plupart historiques) et 120 chapitres. C’est une œuvre riche, profonde et passionnante, qui a profondément marqué la culture chinoise et continue encore aujourd’hui d’inspirer lecteurs, artistes et historiens.

Au bord de l’eau

Au bord de l’eau, également appelé La Marge de l’Eau, a lui aussi été écrit durant la dynastie Yuan (1279 à 1368), une période particulièrement riche pour la création littéraire chinoise. Cet ouvrage est généralement attribué à Shi Nai’an, même si certains spécialistes débattent encore aujourd’hui de la question de l’auteur.

L’histoire nous raconte les aventures de Song Jiang, un modeste fonctionnaire du gouvernement local. C’est un homme loyal envers l’empereur, respecté pour son sens de la justice et apprécié des citoyens dont il prend soin. Malheureusement, une série d’incidents malheureux change son destin. Song se retrouve arrêté, et ses ennemis politiques complotent pour le faire condamner à mort, malgré sa droiture et sa réputation irréprochable.

C’est alors qu’interviennent les célèbres cent huit bandits qui vivent dans le marais de Liangshan, situé dans la province du Shandong. Ayant entendu parler de la bonté et de l’honneur de Song Jiang, ils décident de le secourir. En échange, ils lui demandent de devenir leur guide et leur chef, afin de mener une rébellion contre le gouvernement corrompu des Song du Nord. Cette alliance marque le début d’une aventure épique mêlant fraternité, justice et résistance.

Tout comme pour le roman des Trois Royaumes, l’œuvre s’appuie sur des faits historiques réels, mais largement romancés pour offrir une histoire vivante, dramatique et pleine d’émotion. Ce chef-d’œuvre de la littérature chinoise classique compte près de 400 000 mots et met en scène plus d’une centaine de personnages, chacun avec sa personnalité, ses valeurs, ses forces et ses faiblesses. C’est cette richesse humaine et narrative qui a permis à Au bord de l’eau de traverser les siècles et de devenir l’un des quatre grands classiques de la littérature chinoise.

Pérégrination vers l’ouest (西游记)

Sous la dynastie Ming (1368 à 1644), de nombreux romans voient le jour, mais le plus célèbre d’entre eux reste Pérégrination vers l’Ouest, également appelé Voyage vers l’Occident (西游记). Ce chef-d’œuvre a été publié au XVIe siècle et est généralement attribué à Wu Cheng’en, même si le livre fut d’abord diffusé anonymement.

L’histoire raconte le voyage du moine Xuan Zang, qui quitte la Chine pour se rendre en Inde, à la recherche de textes bouddhistes sacrés et de précieuses écritures du Mahayana. Il n’est pas seul sur ce long périple. Il est accompagné de trois disciples, ainsi que de son cheval, qui est en réalité un dragon transformé en cheval blanc.

Parmi ses compagnons, on retrouve le légendaire Sun Wukong, le Roi Singe, personnage incroyablement populaire en Asie et source d’inspiration pour de nombreuses œuvres modernes, comme Son Goku dans le manga Dragon Ball. Les deux autres disciples sont Zhu Bajie, une créature mi-homme mi-cochon capable de se transformer, et Sha Wukong, un esprit aquatique loyal et courageux.

Si l’histoire de Sun Wukong en particulier vous intéresse, sachez que j’ai moi-même écris un livre à son sujet.

Le roman s’inspire d’événements réels datant du 7ᵉ siècle. Les textes sacrés rapportés d’Inde et ensuite traduits en Chine ont joué un rôle clé dans l’introduction et la diffusion du bouddhisme. Comme l’histoire se déroule sous la dynastie Tang, près de mille ans avant l’écriture du livre, l’auteur s’est nourri de nombreux mythes, légendes régionales et traditions orales pour enrichir son récit.

Un roman mêlant histoire et fantastique

À partir de cette base historique, l’œuvre devient une aventure fascinante mêlant bouddhisme, taoïsme, êtres célestes, héros, pouvoirs surnaturels et arts martiaux. Grâce notamment à la popularité immense du Roi Singe, ce roman de plus de deux mille pages reste aujourd’hui encore extrêmement apprécié. Il a inspiré d’innombrables films, dessins animés et jeux vidéo, ce qui en fait sans doute le plus célèbre des quatre grands classiques.

Si vous aimez la littérature chinoise classique et que vous appréciez l’univers heroic fantasy, ce roman sera certainement l’un des plus merveilleux voyages que vous pourrez entreprendre.

Rêve dans le Pavillon Rouge (楼梦)

C’est durant la dynastie Qing (1644 à 1911) que le dernier des quatre grands romans classiques de la Chine voit le jour. Il porte le nom de Rêve dans le Pavillon Rouge(红楼梦) et il est en grande partie attribué à Cao Xueqin (1715 à 1763). Quand je pense à ce livre, je ressens toujours une émotion particulière, car il montre la finesse psychologique et la sensibilité profonde de la littérature chinoise.

De nombreux récits rapportent que l’auteur n’aurait pas pu achever lui-même l’intégralité de l’œuvre. Cao Xueqin aurait rédigé environ 80 chapitres avant sa mort. Puis, en 1791, près de trente ans plus tard, le roman est publié dans une version complète de 120 chapitres, préparée par Cheng Weiyuan et Gao E. Un mystère demeure encore aujourd’hui autour de l’identité réelle de l’auteur des quarante derniers chapitres, ce qui ajoute presque une aura légendaire à ce chef-d’œuvre.

Le roman mélange réalisme et romance, introspection psychologique, destin tragique, vie quotidienne raffinée et même touches de surnaturel. Plutôt qu’une intrigue unique, l’œuvre se présente comme une succession d’épisodes riches en émotions, en relations humaines et en symbolisme.

Intrigue du livre

Cette œuvre impressionnante raconte le déclin d’une grande famille aristocratique, la famille Jia. On y rencontre une trentaine de personnages principaux et plus de 400 personnages secondaires. Pourtant, le récit se concentre surtout sur le jeune Baoyu, héritier du clan. Choyé par sa mère et sa grand-mère, il se retrouve souvent réprimandé par son père, un confucéen strict, qui surveille de très près sa relation intime et affective avec ses cousines et les jeunes servantes de la maison.

Ce portrait familial offre une image fidèle et sensible de la vie de la haute société au début de la dynastie Qing. La diversité et la profondeur des personnages révèlent une dimension psychologique rarement atteinte auparavant dans la littérature chinoise. Beaucoup considèrent d’ailleurs que cette histoire symbolise le déclin de la dynastie Qing elle-même, à travers la chute progressive de la famille Jia.

Les quatre grands chefs-d’œuvre de la littérature chinoise

Vous connaissez désormais les quatre grands classiques de la littérature chinoise. Même s’ils sont très anciens, ces romans restent incroyablement agréables à lire lorsque l’on recherche de longues histoires pleines d’aventure, d’émotions et de culture. Ils nous permettent de comprendre l’âme de la littérature chinoise, ses valeurs, ses rêves et sa vision de la vie.

Il existe également deux autres œuvres très populaires en Chine, que l’on ajoute parfois à cette prestigieuse liste : Fleur en Fiole d’Or et Chronique indiscrète des mandarins. Vous pouvez aussi découvrir ces livres si vous souhaitez continuer à vous plonger dans l’univers riche, sensible et passionnant de la culture chinoise.

Si comme moi vous aimez profondément la Chine et ses trésors littéraires, je vous invite à poursuivre votre exploration et à découvrir d’autres sujets passionnants sur Culture Chinoise. Pour aller plus loin dans votre exploration de la Chine, découvrez mes ebooks.

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